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Douleur Chronique de la Cheville : Guide Complet 2026

Découvrez les causes de la douleur chronique à la cheville et explorez les solutions efficaces pour retrouver votre mobilité en 2026.

9 juin 202621 min de lecture
Douleur chronique cheville : causes et solutions

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À partir de combien de temps une douleur de la cheville est-elle considérée comme chronique ?

La douleur chronique de la cheville vous suit depuis des mois. Vous avez tout essayé : repos, glaçage, quelques séances de kiné, peut-être même des anti-inflammatoires. Pourtant, chaque matin en vous levant ou en fin de journée après une marche un peu longue, cette gêne revient. Vous commencez à adapter votre vie autour de cette douleur : moins de sport, des chaussures toujours plus confortables, une méfiance vis-à-vis des surfaces irrégulières. Cette situation est plus courante qu'on ne l'imagine, et la bonne nouvelle, c'est qu'elle n'est jamais une fatalité.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, une douleur chronique de la cheville ne signifie pas que votre articulation est "foutue" ou que vous devez vivre avec indéfiniment. C'est simplement le signal que votre corps envoie pour vous dire qu'un déséquilibre s'est installé. Peut-être qu'une ancienne entorse n'a pas été correctement rééduquée. Peut-être que votre morphologie ou vos habitudes quotidiennes créent des contraintes anormales. Peut-être que vos muscles stabilisateurs se sont affaiblis. Dans tous les cas, comprendre la cause réelle de votre douleur, c'est la première étape pour la résoudre vraiment. En 2026, nous disposons de méthodes efficaces pour identifier précisément ce qui se passe et construire un plan de récupération adapté à votre situation.

Aspect Définition simple Ce qui change dans votre quotidien
Douleur aiguë Apparition brutale, liée à un événement précis (entorse, chute) Vous savez exactement quand c'est arrivé et pourquoi
Douleur chronique Persiste plus de 3 mois, même sans traumatisme récent Elle devient progressivement « normale » pour vous, vous vous y habituez
Instabilité chronique Sentiment que votre cheville « lâche » ou « cède » régulièrement Vous évitez les terrains irréguliers, les escaliers, certains sports

À retenir

Une douleur chronique de la cheville n'est jamais une fatalité. Elle résulte d'un ou plusieurs déséquilibres (faiblesse musculaire, instabilité ligamentaire, surcharge mécanique, mauvaise cicatrisation). Identifier la cause réelle, c'est se donner la possibilité de la corriger vraiment.

Qu'est-ce qu'une douleur chronique de la cheville et quand s'inquiéter ?

Définition : douleur persistante au-delà de 3 mois

En médecine et en kinésithérapie, on distingue deux types de douleur selon leur durée. La douleur aiguë est celle qui apparaît brutalement après un événement : vous marchez mal, vous vous tordez la cheville en descendant les escaliers, et immédiatement la douleur apparaît. Cette douleur aiguë dure généralement quelques jours à quelques semaines. Elle a une utilité : elle vous force à vous reposer, elle guide la cicatrisation naturelle des tissus endommagés.

La douleur chronique de la cheville, elle, s'installe autrement. Elle persiste au-delà de 3 mois après un traumatisme, ou elle apparaît progressivement sans événement déclencheur précis. Vous vous souvenez peut-être d'une entorse il y a longtemps, mais la douleur a continué bien après qu'elle aurait dû disparaître. Ou au contraire, vous ne vous rappelez pas d'un moment précis : la douleur s'est simplement "mise en place" progressivement, souvent insidieusement.

Ce qui change vraiment au quotidien avec une douleur chronique, c'est qu'elle ne disparaît plus simplement en vous reposant. Elle vous accompagne lors de vos déplacements, elle vous réveille le matin avec une raideur, elle s'aggrave en fin de journée, elle vous fait hésiter avant de monter un escalier ou de marcher sur un terrain bosselé. Progressivement, sans que vous le décidiez consciemment, vous commencez à adapter votre vie autour de cette douleur.

Les signaux d'alarme à ne pas ignorer

Certains signaux doivent vous pousser à consulter rapidement, sans attendre que la douleur devienne chronique. Vous avez une douleur qui persiste au-delà de 72 heures après un événement anodin : une simple marche prolongée, une petite torsion, une journée en chaussures neuves. Vous notez un gonflement qui revient régulièrement, même sans nouvelle entorse. Votre cheville vous fait mal à chaque pas le matin avant même de commencer votre journée.

Un autre signal important : la limitation progressive de vos mouvements. Vous vous apercevez que vous ne pouvez plus vous tenir sur la pointe des pieds, que vous avez du mal à marcher en talons, que vous ne pouvez plus croiser les jambes de la même manière. Ces limitations d'amplitude signalent un problème sous-jacent : une inflammation chronique, une raideur progressive, une instabilité qui s'installe.

L'instabilité elle-même est un signal majeur à ne pas négliger. Cette sensation de "cheville qui lâche", de crainte de mettre votre pied n'importe où, de perte de confiance dans votre équilibre. Vous commencez à être appréhensif sur les terrains irréguliers, sur les escaliers, en marchant sur du sable ou de l'herbe. Cette appréhension n'est pas psychologique : elle reflète une réelle insuffisance de stabilisation de votre articulation.

Quelles sont les causes réelles de votre douleur chronique à la cheville ?

Causes mécaniques et usure articulaire

Commençons par comprendre comment votre cheville fonctionne normalement. C'est une articulation complexe, formée par trois os qui s'emboîtent précisément : le tibia (gros os de la jambe), le péroné (petit os à côté) et l'astragale (os du pied). Entre ces os, il y a du cartilage, une sorte de revêtement lisse et glissant qui permet aux os de bouger sans friction. Autour, des ligaments maintiennent l'articulation stable, et des muscles et tendons créent le mouvement.

Quand vous utilisez votre cheville normalement, ces structures restent en bon état. Mais deux situations créent progressivement une usure : soit vous sollicitez votre cheville de manière répétée et intense (vous marchez beaucoup, vous faites du sport sans préparation adaptée, vous restez longtemps debout dans votre travail), soit une ancienne blessure a affecté l'alignement de l'articulation. Une vieille entorse mal rééduquée, une fracture ancienne qui n'a pas consolidé parfaitement, ou même une morphologie légèrement asymétrique peuvent créer des points de pression anormale sur le cartilage.

Avec le temps, ce cartilage s'use prématurément. C'est ce qu'on appelle l'arthrose. Elle s'installe en silence : vous ne sentez rien au début, puis progressivement la douleur apparaît, surtout en fin de journée, en montant les escaliers, ou après une activité prolongée. Vous notez aussi une légère raideur le matin, comme si votre cheville avait besoin d'un temps d'échauffement.

Instabilité ligamentaire et tendineuse après entorse

L'entorse est la cause la plus fréquente de douleur chronique de cheville. Voici ce qui se passe. Vous vous tordez la cheville, les ligaments se déchirent partiellement ou complètement. Normalement, après quelques semaines d'immobilisation et de repos, ces ligaments cicatrisent. Mais cette cicatrisation n'est pas toujours complète ou de bonne qualité.

Parfois, les ligaments ne reprennent pas leur force initiale. Parfois, la cicatrice est moins élastique que le ligament original, et donc moins capable d'amortir les mouvements. Parfois, le repos complet a entraîné une atrophie des muscles stabilisateurs, ces petits muscles qui travaillent sans relâche pour maintenir votre cheville stable. Résultat : même après la disparition de la douleur aiguë, votre cheville reste instable. Elle "lâche" plus facilement qu'avant, ce qui crée une appréhension, puis une douleur chronique liée à cette instabilité.

Il en va de même pour les tendons. Une ancienne entorse peut avoir endommagé les tendons des muscles péroniers, ces tendons qui courent sur le côté externe de votre cheville. S'ils n'ont pas été correctement rééduqués, ils deviennent enflammés ou fragiles. Vous sentez alors une douleur chronique sur le côté externe de la cheville, pire quand vous marchez sur un terrain bosselé ou que vous portez certaines chaussures.

Causes silencieuses : morphologie, génétique et facteurs extérieurs

Parfois, il n'y a pas d'entorse, pas de chute, pas d'événement traumatique. La douleur s'installe simplement parce que votre corps a certaines caractéristiques qui la favorisent. Votre morphologie, par exemple. Si vous avez les pieds un peu rentrés vers l'intérieur (on dit en varus), votre cheville subit des contraintes anormales. Si vos pieds sont excessivement souples et s'aplatissent quand vous marchez, cela change la répartition des forces dans votre cheville. Si vous avez une jambe plus courte que l'autre, même de quelques millimètres, cela crée un déséquilibre postural qui retombe sur votre cheville.

La génétique joue aussi un rôle. Certaines personnes héritent d'une plus grande laxité ligamentaire (les ligaments sont naturellement plus souples, plus extensibles). Cela n'est pas un problème en soi, mais cela demande une musculature stabilisatrice plus performante. Si vous ne travaillez pas cette stabilité, vous serez plus enclin à développer une instabilité chronique.

Les facteurs extérieurs comptent également. Vous portez régulièrement des talons hauts ? Votre cheville est sollicitée dans une position qui fatigue progressivement les muscles stabilisateurs. Vous travaillez dans un environnement humide ou glissant ? Vous sollicitez constamment vos muscles de stabilisation pour ne pas glisser. Vous avez gagné du poids ces dernières années ? Votre cheville doit porter une charge accrue, ce qui aggrave les points de pression. Vous pratiquez un sport (tennis, football, trail) sans préparation spécifique ou avec un volume d'entraînement que vos articulations ne sont pas habituées à supporter ? Vous créez un contexte favorable à l'usure précoce.

Diagnostic : quels examens pour identifier la source de la douleur ?

Examen clinique et tests de mobilité

Quand vous consultez pour une douleur chronique de cheville, votre praticien commence par vous poser des questions précises : Depuis quand avez-vous cette douleur exactement ? Y a-t-il eu un événement déclencheur ? Où exactement la douleur est-elle localisée ? Y a-t-il des moments où elle s'aggrave ? Quels mouvements ou activités la font augmenter ? Avez-vous déjà eu une entorse ou une fracture à cette cheville ?

Ensuite vient l'examen physique de votre cheville. Le praticien regarde sa forme globale (gonflement, déformation), palpe les os et les tendons pour identifier une douleur localisée, teste vos mouvements : vous pouvez faire des rotations, mettre votre pied en avant/arrière, en dedans/dehors. Ces mouvements lui donnent une image de votre amplitude articulaire et de la douleur qu'ils provoquent.

Certains tests spécifiques évaluent la stabilité. Le test du "tiroir antérieur" : le praticien tire votre pied vers l'avant pour vérifier si les ligaments latéraux font correctement leur travail. Le test en "varus" : il applique une pression pour basculer votre cheville vers l'intérieur, testant ainsi la stabilité latérale. L'équilibre sur une jambe avec les yeux fermés : cela évalue votre proprioception, cette capacité de votre corps à se sentir dans l'espace et à se corriger automatiquement.

Certains praticiens demandent aussi une inspection de votre marche. Comment posez-vous le pied ? Votre poids se distribue-t-il normalement ? Votre cheville oscille-t-elle excessivement ou manque-t-elle de mobilité ? Ces observations donnent des pistes sur les causes de votre douleur.

Radiographie, IRM et imagerie dynamique

Si l'examen clinique soulève des questions, une radiographie simple est généralement le premier pas. Elle montre les os : y a-t-il une fracture ancienne qui n'a pas consolidé correctement ? Une arthrose qui s'amorce ? Un alignement particulier des os qui explique la douleur ? La radiographie est rapide, non invasive et peu coûteuse.

Si le diagnostic n'est pas clair ou si on suspecte une atteinte des tissus mous (ligaments, tendons, cartilage), une IRM est prescrite. C'est un examen d'imagerie très précis qui montre l'état exact des ligaments, des tendons, du cartilage. Vous avez une insuffisance cicatricielle d'un ligament après entorse ? L'IRM le voit. Vous avez une inflammation d'un tendon ? L'IRM la visualise. Vous avez une usure du cartilage articulaire ? L'IRM le détecte.

En 2026, certains cabinets proposent aussi l'imagerie dynamique : des radiographies ou des échographies en mouvement, qui montrent comment votre cheville fonctionne quand vous la bougez réellement. Cela peut révéler une instabilité qui n'est pas visible en position statique.

Importance d'un diagnostic précoce pour éviter l'aggravation

Pourquoi faire tous ces examens ? Parce que plus tôt vous identifiez la cause réelle de votre douleur, plus tôt vous pouvez mettre en place un traitement adapté. Et cela fait toute la différence dans votre récupération.

Si vous avez une instabilité ligamentaire non détectée et que vous ne travaillez pas spécifiquement la stabilité musculaire, cette instabilité s'aggrave. Vos muscles se fatiguent à essayer de compenser, vous développez une douleur musculaire chronique, et finalement vous vous soumetez à des mouvements de compensation qui irritent d'autres structures. En six mois, ce qui aurait pu être résolu avec une bonne rééducation devient un problème plus complexe.

Si vous avez une usure du cartilage qui débute et qu'on vous pose simplement un diagnostic d'arthrose sans traitement spécifique, cette usure progresse. Mais si on vous donne un programme de renforcement ciblé et de rééducation fonctionnelle, vous pouvez ralentir significativement cette progression.

C'est pourquoi un diagnostic précoce n'est pas une "sur-médicalisation" : c'est un investissement dans votre récupération. Cela vous permet de savoir exactement sur quoi travailler et de voir des résultats concrets.

Traitement conservateur : kinésithérapie et rééducation comme référence

Techniques manuelles et rééducation fonctionnelle

La très grande majorité des douleurs chroniques de cheville répondent bien à un traitement sans chirurgie. Et dans la plupart des cas, la rééducation kinésithérapique est la base solide sur laquelle construire votre récupération.

Les techniques manuelles viennent en premier lieu. Votre kinésithérapeute travaille directement sur les tissus : massage des muscles et tendons pour relâcher les contractures, mobilisations douces de l'articulation pour redonner une amplitude normale, techniques spécifiques pour améliorer la circulation sanguine et réduire l'inflammation chronique. Ces techniques ne sont pas juste "relaxantes" : elles visent à préparer votre articulation pour la vraie récupération, celle qui viendra de votre propre travail musculaire.

Ensuite vient la rééducation fonctionnelle. C'est le cœur du traitement. Vous apprenez à renforcer progressivement les muscles stabilisateurs de votre cheville, particulièrement les muscles péroniers (sur le côté externe), les muscles du jambier antérieur (devant), et les muscles du mollet. Ces petits muscles ne demandent pas à devenir des muscles de bodybuilder : ils ont besoin de devenir stables, endurants et capables de corriger rapidement les déséquilibres.

Parallèlement, on travaille votre proprioception. C'est cette capacité de votre corps à sentir la position de votre cheville dans l'espace et à corriger automatiquement si elle s'écarte de l'alignement normal. Vous faites des exercices d'équilibre sur une jambe, sur des surfaces instables (comme un ballon ou un coussin), les yeux ouverts puis fermés. Cela semble simple, mais ces exercices réveillent littéralement les petits capteurs sensoriels de votre cheville qui avaient "dormis" pendant votre douleur chronique.

Vous apprenez aussi à bouger différemment. Si vous marchiez en compensation depuis longtemps (en mettant plus de poids sur le côté externe de votre pied, par exemple), il faut réapprendre une marche équilibrée. C'est souvent très subtil : le kiné vous aide à "sentir" la différence et progressivement cette nouvelle marche devient automatique.

Balnéothérapie et thérapies avancées

La balnéothérapie, c'est-à-dire la rééducation en piscine ou en bassin d'eau chaude, offre un environnement particulièrement favorable à la récupération. L'eau chaude augmente la circulation sanguine et diminue la douleur. L'eau crée une légère flottaison : votre articulation supporte moins de poids, ce qui permet un travail de renforcement sans surcharge. La résistance de l'eau offre un travail musculaire efficace sans impact.

Pour un patient avec une douleur chronique de cheville, une séance hebdomadaire de balnéothérapie combinée à des séances de kiné terrestre classique accélère vraiment la récupération. Vous pouvez travailler les mouvements de votre cheville avec plus d'amplitude et moins de douleur qu'en milieu sec, ce qui crée un sentiment de progrès très motivant.

D'autres thérapies dites "avancées" deviennent disponibles en 2026. Les techniques de dry needling, par exemple : de très fines aiguilles qui vont libérer les contractures musculaires chroniques autour de votre cheville. Les ondes de choc : des ondes sonores de faible énergie qui stimulent la circulation et réduisent l'inflammation. La cryothérapie ou des formes de stimulation neuromusculaire. Ces techniques ne remplacent jamais le travail de base (renforcement, rééducation proprioceptive), mais elles peuvent l'accélérer ou la compléter si vous stagniez.

Prévention des récidives et conseils du quotidien

Une récupération durable ne dépend pas seulement de vos séances de kiné. Elle dépend aussi de ce que vous faites le reste de la semaine. Votre kinésithérapeute vous donne un programme d'exercices à faire chez vous, généralement 2 à 3 fois par semaine, pendant 15 à 20 minutes. Ce ne sont pas des exercices compliqués, mais ils doivent être réguliers et progressifs.

On vous conseille aussi sur vos chaussures. Avez-vous des chaussures adaptées ? Ni trop molles (qui ne supportent pas votre cheville), ni trop rigides (qui rigidifient votre cheville). La hauteur du talon compte aussi : pas de talons trop hauts (qui fatiguent chroniquement vos muscles stabilisateurs), mais pas pieds nus non plus si vous êtes habitué au soutien.

Sur le plan global, on discute de votre activité. Vous pouvez reprendre progressivement le sport qui vous plaît, mais en progressant graduellement. Si vous pratiquez un sport qui demande des changements de direction rapides (tennis, football), vous attendrez d'avoir consolidé votre proprioception avant de reprendre. Vous commencez par des activités sans impact (marche, nage, vélo), puis vous progressez selon votre tolérance.

Votre poids intervient aussi. Si vous avez quelques kilogrammes à perdre, c'est l'occasion de le faire progressivement : moins de charge sur votre cheville pendant la rééducation, meilleur résultat à long terme. Cela ne signifie pas un régime drastique, simplement une alimentation plus équilibrée et davantage d'activité (la rééducation elle-même).

Quand envisager une prise en charge chirurgicale ?

Instabilité chronique résistant aux traitements

Après quatre à six mois d'une rééducation bien menée, la très grande majorité des douleurs chroniques de cheville s'améliorent significativement. Cependant, quelques patients ne progressent pas, ou progressent très peu. Si vous êtes dans cette situation, un avis chirurgical peut se justifier.

La chirurgie s'envisage principalement pour l'instabilité ligamentaire chronique qui résiste au traitement conservateur. C'est-à-dire : vous avez une instabilité avérée (confirmée par l'examen clinique et l'imagerie), vous avez complété six mois de rééducation intensive, et vous avez toujours cette sensation de cheville qui lâche, cette appréhension constante, cette limitation fonctionnelle. Les ligaments sont trop endommagés pour cicatriser convenablement et ne peuvent pas être restaurés par la rééducation seule.

La chirurgie la plus courantement réalisée est la plastie (réparation ou renforcement) des ligaments latéraux. Le chirurgien accède à votre cheville, évalue l'état réel des ligaments endommagés, puis soit les répare directement (s'ils sont partiellement intacts), soit crée une stabilité en restabilisant les tendons environnants. L'intervention dure généralement une heure, et la récupération se fait en trois à quatre mois après.

Complications et risques de l'absence de traitement

Qu'est-ce qu'il se passe si vous laissez traîner une instabilité chronique sans la traiter ? Votre instabilité s'aggrave progressivement. Vous notez des entorses qui reviennent de plus en plus facilement : une petite marche, un faux pas sur du sable ou de l'herbe suffit à vous faire tordre la cheville à nouveau. Chaque nouvelle entorse aggrave l'instabilité et créé une douleur plus intense.

Progressivement, vous développez une usure prématurée du cartilage. C'est ce qu'on appelle l'arthrose post-traumatique : parce que votre cheville est instable, les forces ne se distribuent pas normalement, et le cartilage s'use. À long terme (plusieurs années), cette arthrose peut devenir très invalidante.

Vous notez aussi des compensations dans votre genou et votre hanche de la même jambe : votre bassin change d'alignement pour compenser l'instabilité de votre cheville, et finalement vous avez mal au genou ou à la hanche aussi. Ce que vous pensiez être un problème localisé à la cheville devient finalement un problème global de votre posture et de votre mobilité.

Récupération et retour aux activités : le suivi post-traitement

Durée de rééducation et étapes de progression

Si vous suivez une rééducation bien structurée, combien de temps faut-il pour une récupération réelle ? Cela dépend de la cause de votre douleur et de la durée pendant laquelle vous avez souffert, mais voici une durée réaliste.

Les deux à trois premières semaines : c'est la phase de dégonflement et de réduction de la douleur. Vous voyez votre kinésithérapeute deux fois par semaine, vous apprenez les gestes de base, vous commencez les exercices très progressifs. Vous notez rapidement une réduction de la douleur au repos et une amélioration de votre amplitude.

Les semaines 4 à 8 : vous progressez dans le renforcement. Les exercices deviennent plus difficiles, vous travaillez l'équilibre, vous commencez à reprendre des activités quotidiennes sans restriction. Vous êtes capable de marcher normalement, de monter les escaliers sans appréhension. Cette phase est très motivante parce que vous voyez vraiment des progrès.

Les semaines 9 à 16 : c'est la consolidation. Vous passez progressivement à une séance par semaine de kiné. Vous prenez davantage en charge votre propre rééducation avec le programme à la maison. Vous commencez à reprendre l'activité qui vous plaît, progressivement : un peu de jogging, un peu de sport avec ballon, ou vos activités ordinaires si vous n'êtes pas sportif. La douleur chronique est maintenant largement diminuée.

Après 16 semaines : vous devriez être en grande partie autonome. Votre douleur n'est pas nécessairement disparue à 100 %, mais elle n'interfère plus avec vos activités. Vous savez quels exercices font du bien à votre cheville et vous les pratiquez régulièrement. Vous avez réappris à faire confiance à votre cheville.

Important : cela ne signifie pas arrêter complètement la prévention. Un programme d'entretien très léger (dix minutes, deux fois par semaine) permet de maintenir les gains et d'éviter une nouvelle douleur chronique. C'est comme brosser ses dents : ce n'est pas une "maladie", mais une pratique préventive régulière.

Témoignages et résultats attendus

Les patients qui complètent vraiment leur rééducation rapportent des changements qui vont bien au-delà de la disparition de la douleur. "Au début, je n'osais plus marcher sur une herbe, j'avais peur que ma cheville lâche. Maintenant, j'ai repris le tennis, et je peux faire des changements de direction sans appréhension." "Je pensais que ce verrouillage matinal était normal. Après trois mois, ma cheville est souple dès le réveil." "J'ai réalisé que je m'étais organisée toute ma vie autour de cette douleur. Maintenant que c'est disparu, je réalise à quel point cela m'avait limitée."

Ces témoignages reflètent des changements réels : une amélioration de l'amplitude articulaire, une réduction de la douleur en fin de journée, une meilleure capacité à marcher longtemps, une confiance restaurée dans vos mouvements. Pour certains patients, c'est aussi la disparition de compensations comme les douleurs de genou ou de dos qui avaient développées.

Ce qui est intéressant, c'est que votre récupération dépend vraiment de votre engagement. Les patients qui font régulièrement leurs exercices à la maison, qui progressent graduellement, qui ne cherchent pas à aller trop vite, récupèrent nettement mieux que ceux qui viennent en séance de kiné mais ne font rien d'autre. La rééducation est une collaboration entre vous et votre praticien, pas une "solution qu'on vous donne".

Attendez-vous à une amélioration progressive, pas une disparition miraculeuse. Une douleur chronique qui s'était installée depuis des mois met logiquement du temps à se résoudre vraiment. Mais avec de la patience, de la régularité et une bonne compréhension de ce qui se passe dans votre cheville, cette douleur disparaît.

Conclusion

Une douleur chronique de la cheville n'est jamais une fatalité, et elle n'est jamais "juste dans votre tête". C'est le signal que votre articulation adresse à votre corps : quelque chose ne fonctionne pas correctement. Que ce soit une stabilité insuffisante, une usure progressive du cartilage, une cicatrisation incomplète d'une ancienne blessure, ou une charge mécanique trop importante, il existe une cause. Et une cause identifiée, c'est une cause que vous pouvez adresser.

En 2026, vous avez accès à des méthodes précises de diagnostic et à des programmes de rééducation très efficaces. L'essentiel est de ne pas laisser votre douleur s'installer et de chercher à comprendre ce qui la cause vraiment. Un examen clinique complet, une IRM si nécessaire, puis une rééducation progressive et bien structurée : voilà la démarche qui fonctionne chez la majorité des patients. Et si, malgré tout, la rééducation ne suffit pas, les options chirurgicales existent et offrent de bons résultats. Mais ce n'est nécessaire que pour une petite proportion de patients.

Votre rôle n'est pas passif. Vous avez un vrai pouvoir dans votre récupération : faire régulièrement vos exercices, progresser graduellement, comprendre comment votre cheville fonctionne, adapter votre quotidien intelligemment. Cette compréhension, c'est elle qui transforme une douleur chronique qui vous suit depuis mois en une articulation fonctionnelle qui vous permet de vivre librement.

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