Vous ressentez une douleur à l'arrière du talon, surtout le matin en posant le pied par terre ou après avoir couru ? Cette gêne qui s'aggrave progressivement et vous oblige à modifier votre démarche porte un nom : la tendinite du tendon d'Achille. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, cette douleur n'arrive pas du jour au lendemain. Elle s'installe progressivement, souvent parce qu'on l'a ignorée trop longtemps.
Bonne nouvelle : en 2026, nous disposons de bien meilleures connaissances sur ce qui cause cette inflammation et, surtout, comment la soigner efficacement sans forcément passer par la chirurgie. Cet article vous guide à travers les causes réelles de votre douleur, comment la reconnaître, et surtout comment construire un plan de récupération sur mesure pour reprendre vos activités sereinement.
| Aspect | Caractéristiques |
|---|---|
| Localisation | Arrière du talon, base du mollet, insertion sur l'os du talon |
| Type de douleur | Sourde, progressively, parfois sensation de rigidité matinale |
| Déclencheurs | Activité physique, notamment la course, marche prolongée |
| Moment d'apparition | Souvent le matin ou après un effort |
| Durée sans traitement | Plusieurs semaines à plusieurs mois |
À retenir
La tendinite du tendon d'Achille n'est pas une fatalité, même pour les sportifs. Elle nait rarement d'un seul facteur, mais plutôt d'une accumulation de petites erreurs : progression trop rapide, chaussures usées, manque d'étirements, déséquilibre musculaire. En identifiant ce qui a déclenché votre douleur et en corrigeant progressivement ces facteurs, vous pouvez revenir à 100% de vos capacités.
Qu'est-ce que la tendinite du tendon d'Achille et comment la reconnaître ?
Définition et anatomie du tendon d'Achille
Le tendon d'Achille est le tendon le plus épais et le plus résistant du corps humain. Il relie les muscles du mollet (deux muscles : le gastrocnémien et le soléaire) à l'os du talon, appelé calcanéum. Chaque fois que vous marchez, courez, ou vous levez sur les pointes de vos pieds, ce tendon travaille. Il absorbe des forces énormes : à chaque pas, il subit une tension équivalente à plus de deux fois votre poids de corps.
Ce tendon est tellement sollicité qu'on peut le comparer à une corde très usée. Quand il est surmenage ou mal utilisé, la structure interne des fibres de collagène qui le composent s'altère progressivement. C'est à ce moment que l'inflammation démarre, caractérisée par un gonflement, une rigidité et une douleur à l'arrière du talon. Cette inflammation, c'est la tendinite.
Il existe deux formes : la tendinite d'insertion (à la base du talon) et la tendinite non-insertionnelle (dans le corps du tendon lui-même). La première, plus fréquente chez les personnes plus âgées, survient à l'endroit où le tendon s'attache à l'os. La deuxième, plus courante chez les athlètes jeunes, affecte le tendon dans sa partie charnue.
Les symptômes qui doivent vous alerter
Reconnaître une tendinite du tendon d'Achille, c'est savoir écouter votre corps. Les premiers signaux apparaissent souvent subtlement, bien avant que la douleur devienne invalidante.
Au début, vous ressentez une raideur matinale caractéristique : vous vous levez, vous posez le pied par terre et vous sentez une gêne ou une légère douleur qui s'améliore après quelques pas. Cette raideur peut durer quelques minutes seulement, ce qui explique pourquoi beaucoup de gens la sous-estiment et ne consultent pas.
Ensuite, la douleur se manifeste davantage pendant ou après l'activité sportive. Vous remarquez que courir ou faire de la randonnée aggrave la gêne. La douleur peut être sourde ou plus aiguë, localisée juste au-dessus du talon ou dans la partie inférieure du mollet. Certains décrivent une sensation de tension constante, comme si le tendon était "noué".
Au stade suivant, apparaissent des signes objectifs visibles : un léger gonflement ou un épaississement du tendon, une sensation de chaleur à cet endroit, ou même une petite protubérance. Vous pouvez aussi remarquer que vous avez du mal à vous mettre sur la pointe des pieds sans ressentir une gêne.
Un symptôme particulier mérite votre attention : la douleur qui s'aggrave après la période d'inactivité. Par exemple, après une journée en chaussures de bureau, votre tendon peut être extrêmement douloureux en fin d'après-midi. C'est parce que le tendon reste bloqué dans une position d'inactivité et qu'une circulation adaptée ne s'établit pas.
Tendinite vs rupture : comment faire la différence ?
C'est une question qui préoccupe beaucoup de gens : est-ce que ma tendinite va s'aggraver jusqu'à une rupture ? La réponse honnête est : cela dépend. Une tendinite chronique mal soignée augmente le risque de fragilisation, mais une rupture complète reste l'exception, pas la règle.
Voici comment distinguer les deux : une tendinite produit une douleur progressive qui s'aggrave avec l'activité mais qui reste supportable au repos. Avec une rupture, en revanche, vous expérimentez une douleur brutale et soudaine, souvent décrite comme "un coup de fouet" ou "un craquement" au talon. Vous entendez ou sentez vraiment quelque chose "craquer". Immédiatement après, marcher devient extrêmement difficile, presque impossible, et vous risquez une boiterie importante.
Un autre indice : avec une rupture, vous ne pouvez absolument pas vous mettre sur la pointe des pieds. Avec une tendinite, c'est juste douloureux, pas impossible. Si vous soupçonnez une rupture, consultez rapidement un médecin car le délai de prise en charge joue sur la qualité future du tendon.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
Surmenage et erreurs d'entraînement
La cause numéro un des tendinites du tendon d'Achille, c'est le surmenage. Pas un surmenage brutal d'une journée, mais plutôt l'accumulation de petites surcharges répétées sur plusieurs semaines sans récupération adaptée.
Imaginez votre tendon comme une structure bâtie en briques. Chaque entraînement ajoute du poids à cette construction. Si vous ajoutez les briques progressivement et laissez du temps au mortier de sécher entre chaque ajout, la structure tient bon. Mais si vous versez des briques sans arrêt en quelques jours, la structure s'écroule. C'est exactement ce qui se passe lors d'une augmentation trop rapide du volume d'entraînement.
Les erreurs d'entraînement classiques incluent : augmenter votre kilométrage ou votre intensité de plus de 10% par semaine (la règle des 10%), réduire vos jours de repos, commencer à courir sur une nouvelle surface (passage de la route à la piste, par exemple) sans adaptation progressive, ou intensifier un type d'entraînement spécifique (comme les côtes ou les intervalles courts) sans équilibre avec d'autres formes de travail.
Un détail souvent oublié : retourner au sport après une période d'inactivité sans respecter une vraie phase de réadaptation. Vous avez arrêté pendant deux semaines, et vous répartez au rythme précédent dès le jour 1 ? Votre tendon, lui, a oublié. Il faut le réhabituer graduellement.
Facteurs anatomiques et mécaniques (pied plat, pied creux)
Votre structure de pied joue un rôle majeur dans la santé de votre tendon d'Achille. Un pied plat, un pied creux, ou même une simple différence de longueur entre vos deux jambes change la mécanique du mouvement et crée des forces supplémentaires sur le tendon.
Avec un pied plat, l'arche plantaire s'effondre lors de l'appui. Cette pronation excessive (rotation interne du pied) tire le tendon d'Achille dans une direction non-optimale, le surchargeant. Avec un pied creux, c'est l'inverse : le pied n'absorbe pas assez les chocs, et ces chocs se transmettent directement au tendon, qui devient irrité à force de recevoir ces impacts répétés.
Les déséquilibres musculaires jouent aussi un rôle : des mollets raides, des quadriceps faibles, ou des muscles fessiers peu développés changent votre biomécanique de course ou de marche. Quand un muscle du chaîne postérieure est faible, d'autres muscles compensent, y compris le tendon d'Achille qui n'est pas vraiment un muscle mais une structure de transmission de force. Cette compensation prolongée le fragilise.
Autres facteurs aggravants (âge, chaussures, médicaments)
L'âge change la nature de votre tendon. Après 40 ans, les fibres de collagène du tendon deviennent progressivement moins élastiques et plus fragiles. C'est un processus naturel : le tendon vieillit comme peau. À 50 ans, même sans erreur d'entraînement majeure, un tendon qui a été maltraité par le passé peut se réveiller douloureux.
Les chaussures jouent un rôle déterminant. Des chaussures trop usées (plus de 800 à 1000 km de port) perdent leur capacité d'amortissement. Des chaussures de sport inadaptées à votre type de pied (un coureur avec pied plat dans des chaussures de trail minimaliste, par exemple) crée des contraintes anormales. Même les petits détails comptent : un talon trop bas, des lacets trop serrés, ou une tige trop rigide peut modifier votre mécanique.
Voici un détail que peu de gens connaissent : certains médicaments augmentent le risque de tendinite. Les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones (utilisés pour les infections urinaires ou respiratoires) augmentent significativement le risque de tendinite d'Achille et même de rupture. Si vous prenez ce type de médicament et pratiquez une activité sportive, parlez-en à votre médecin avant de maintenir votre entraînement habituel.
D'autres facteurs interviennent : une déshydratation chronique fragilise les tendons, le surpoids augmente les forces compressives sur le tendon, le tabagisme réduit l'apport sanguin au tendon ralentissant la réparation, et même le stress chronique peut contribuer par des mécanismes inflammatoires systémiques.
Comment diagnostiquer une tendinite du tendon d'Achille ?
Examen clinique et anamnèse
Avant toute imagerie, un bon diagnostic commence par la conversation et l'examen physique. Un médecin ou un physiothérapeute expérimenté posera des questions précises : depuis combien de temps la douleur s'est-elle installée, qu'est-ce qui la déclenche exactement, avez-vous changé votre entraînement récemment, avez-vous déjà eu des douleurs de tendon, avez-vous des antécédents de problèmes de pied ?
L'examen commence souvent avec vous assis ou allongé. Le praticien palpe (appuie délicatement) le long du tendon pour déterminer exactement où se situe la douleur et s'il y a un gonflement. Il cherche une zone sensible à la palpation directe. Si vous sautillez sur une jambe et que c'est douloureux ou impossible, c'est un indice fort vers une tendinite ou une atteinte du tendon.
Un test simple mais révélateur : le test de Thompson. Vous êtes allongé sur le ventre, les pieds qui dépassent de la table. Le praticien presse légèrement votre mollet. Normalement, votre pied doit bouger légèrement (flexion plantaire). Si rien ne se passe, c'est un signe de rupture complète. Mais ce test est rassurant dans la majorité des cas de tendinite : le pied bouge, donc la continuité du tendon est intacte.
Le praticien évalue aussi votre amplitude de mouvement, la flexibilité de votre mollet et votre chaîne postérieure. Une grande raideur peut être un facteur aggravant qui mérite un traitement.
Imagerie médicale (échographie, IRM)
L'imagerie n'est pas toujours nécessaire pour diagnostiquer une tendinite du tendon d'Achille. En 2026, la tendance est vers un diagnostic clinique d'abord : si l'examen physique et l'histoire sont clairs, le traitement peut commencer sans imagerie. Cependant, l'imagerie devient utile quand le diagnostic est incertain ou quand la réponse au traitement conservateur est insuffisante après 6 à 8 semaines.
L'échographie est l'examen de première intention si une imagerie est nécessaire. C'est rapide, non-invasif, peu coûteux, et elle montre bien les détails du tendon en temps réel. Un bon échographiste peut voir l'épaississement du tendon, la présence d'un gonflement, et même les micro-lésions internes (zones qui paraissent anormales à l'écran).
L'IRM est réservée aux cas complexes : quand on soupçonne une rupture partielle, quand la tendinite est chronique et n'a pas répondu au traitement, ou quand d'autres structures (ligaments, articulation) sont possiblement atteintes. L'IRM montre plus de détails sur les lésions internes du tendon, mais elle coûte plus cher et demande plus de temps.
Un point important : avoir une imagerie anormale ne signifie pas automatiquement que vous avez une tendinite douloureuse ou qu'il faut opérer. On peut voir une dégénérescence du tendon à l'imagerie chez quelqu'un qui n'a aucune douleur. Le traitement se base d'abord sur vos symptômes et votre fonction, pas seulement sur l'apparence de l'imagerie.
Quel traitement choisir pour soulager la douleur ?
Traitement conservateur : repos, glaçage et anti-inflammatoires
La bonne nouvelle : environ 90% des tendinites du tendon d'Achille guérissent sans chirurgie. Les trois premières semaines sont décisives pour freiner l'inflammation et donner au corps les conditions optimales pour commencer sa réparation.
Le repos, c'est pas l'immobilité totale. Cela signifie plutôt : arrêtez l'activité qui déclenche la douleur, mais continuez les mouvements quotidiens normaux et des activités sans impact. Vous pouvez marcher calmement, faire de la natation, du vélo en salle, ou des étirements doux. Ce qu'il faut éviter : la course, les sauts, les séances de renforcement intensif du mollet, les escaliers quand c'est douloureux.
Le glaçage fonctionne vraiment bien pour réduire l'inflammation dans les 48 premières heures. Appliquez un sac de glaçons enveloppé dans une serviette pendant 15 à 20 minutes, trois à quatre fois par jour. La glace réduit l'inflammation locale et soulage la douleur en engordissant les nerfs. Après 48 heures, si l'inflammation persiste mais qu'il n'y a plus de rougeur ou de chaleur extrême, une alternance chaud-froid ou une source de chaleur (coussin chauffant) peut aider à relancer la circulation.
Les anti-inflammatoires (ibuprofène, naproxène) peuvent aider à court terme. Une cure de une à deux semaines d'anti-inflammatoires aide à baisser l'inflammation aigu. Cependant, et c'est un point souvent oublié : les anti-inflammatoires peuvent légèrement ralentir la réparation naturelle du tendon sur le long terme. Pour cette raison, beaucoup de spécialistes recommandent de les utiliser seulement dans la phase aiguë, puis de les arrêter progressivement.
L'élévation du pied en fin de journée (allongé avec le pied surélevé) aide à réduire le gonflement naturellement. Même quelques minutes par jour font une différence.
Les orthèses et bandes jouent un rôle de soutien. Une sangle ou une bande de contention autour du tendon limite les mouvements excessifs. Pour les chaussures, porter temporairement des semelles orthopédiques ou des talonnettes de 1 à 2 cm réduit la tension sur le tendon en raccourcissant légèrement la chaîne musculaire du mollet. C'est un geste simple mais efficace, particulièrement dans les 2 à 4 premières semaines.
Rééducation kinésithérapique et exercices de renforcement
Voilà le secret que peu de gens connaissent : la vraie guérison commence quand vous sortez de la phase aiguë et que vous commencez à bouger intelligemment. Rester inactif trop longtemps crée une faiblesse permanente du tendon.
Un physiothérapeute structurera votre rééducation en phases :
Phase 1 (semaines 1-3) : travail de la flexibilité du mollet et du tendon par des étirements statiques très doux, du renforcement des muscles stabilisateurs du pied et de la cheville (muscles intrinsèques du pied, tibial antérieur), et du travail de proprioception (équilibre) pour corriger les défauts biomécaniques.
Phase 2 (semaines 3-6) : introduction progressive d'un renforcement excentrique du mollet. C'est ici que se fait la "magie". Le renforcement excentrique signifie : contracter le muscle en l'allongeant. Par exemple, vous vous levez sur les deux pieds en vous mettant sur la pointe des pieds, puis vous descendez lentement sur une seule jambe. C'est le mouvement de descente qui compte : c'est là que le tendon travaille intensément et se renforce. Trois séries de 15 répétitions, une fois par jour, montrent des améliorations visibles en deux à trois semaines.
Phase 3 (semaines 6-12) : progression vers des mouvements plus fonctionnels : marche sur différentes surfaces, escaliers, puis petits sauts ou débuts de jogging très progressif, renforcement des muscles du bassin et des jambes pour équilibrer toute la chaîne musculaire.
Un détail technique mais important : le travail excentrique fonctionne mieux si vous n'avez pas de douleur vive durant l'exercice. Une douleur légère et tolerable est acceptable, mais vous ne devez pas vous faire mal. Et c'est un processus lent : ne soyez pas impatient.
Quand envisager une intervention chirurgicale ?
La chirurgie est envisagée quand le traitement conservateur a été rigoureusement suivi pendant 6 à 12 mois sans amélioration significative, quand la douleur reste très invalidante, ou dans certains cas de rupture partielle importante. L'intervention consiste généralement à nettoyer le tendon dégénéré, retirer les zones cicatricielles anormales, et parfois réinsérer le tendon si l'insertion osseuse est atteinte.
Avant d'envisager la chirurgie, assurez-vous que vous avez vraiment suivi une rééducation optimale : travail excentrique régulier, correction des facteurs biomécaniques, renforcement musculaire progressif. Beaucoup de gens abandonnent trop tôt ou ne suivent pas correctement les exercices, puis pensent à tort que la chirurgie est inévitable.
Si la chirurgie est faite, la période post-opératoire est longue : 12 à 18 mois pour une récupération complète. C'est pourquoi cela reste vraiment le dernier recours.
Comment prévenir une tendinite du tendon d'Achille et éviter la récidive ?
Bonnes pratiques d'entraînement et progression progressive
La prévention commence par une approche intelligente de l'entraînement. La règle des 10% n'est pas une formule magique, mais c'est une ligne directrice raisonnable : augmentez votre volume d'entraînement (kilométrage, intensité, ou durée) de maximum 10% par semaine. Cela donne le temps à votre tendon de s'adapter et de se renforcer progressivement.
Cela veut dire aussi : respecter les jours de repos. Un athlète endurance typique ne devrait pas courir plus de 5 à 6 jours par semaine, avec au moins un jour complètement repos. Ces jours de repos sont quand la réparation et l'adaptation musculaire et tendineuse se font vraiment. L'entraînement n'est que le stimulus, la récupération est quand vous vous améliorez.
Variez vos surfaces : alterner entre route, piste, trail. Chaque surface sollicite les tendons légèrement différemment, ce qui renforce la robustesse. Mais progressez graduellement lors d'un changement de surface. Votre premier jour sur une nouvelle surface ne doit pas être votre séance d'entraînement maximale.
Écoutez vos douleurs de façon intelligente. Une petite gêne matinale qui disparaît après quelques minutes d'activité est généralement bénigne. Mais une douleur qui s'aggresse pendant l'activité ou qui dure longtemps après ? C'est un signal à prendre au sérieux. Réduisez l'intensité ou prenez un jour de repos supplémentaire plutôt que de persévérer.
Échauffement, étirements et renforcement musculaire
Un échauffement de 5 à 10 minutes avant de courir ou de faire du sport accélère le flux sanguin vers le tendon d'Achille et le prépare au travail. Une marche lente suivie de mouvements dynamiques (marcher avec les genoux hauts, faire des talons-fesses, des accélérations progressives) fonctionne bien mieux qu'un échauffement statique passif.
Les étirements statiques de la chaîne postérieure (mollet, ischio-jambiers, fessiers) sont importants mais font mieux après l'exercice qu'avant. Un mollet très raide impose des contraintes permanentes au tendon d'Achille, même au repos. Une séance quotidienne d'étirements doux du mollet (tenir 30 secondes, trois répétitions, deux fois par jour) maintient la flexibilité.
Le renforcement doit être global : pas seulement les mollets. Renforcez les muscles fessiers et les stabilisateurs de la hanche, qui jouent un rôle énorme sur votre biomécanique de course. Renforcez les muscles du pied et les petits muscles autour de la cheville. Renforcez aussi le tibial antérieur pour équilibrer le mollet. Un athlète bien équilibré souffre moins de tendinite.
Choix des chaussures et corrections posturales
Le choix de vos chaussures de sport est un investissement dans la santé de votre tendon. Les meilleures chaussures sont celles adaptées à votre type de pied. Si vous avez un pied plat avec pronation excessive, les chaussures de stabilité ou de contrôle de mouvement vous aideront. Si vous avez un pied creux, les chaussures neutres avec bon amorti conviennent mieux. Un magasin de sport spécialisé peut analyser votre foulée pour une recommandation adaptée.
Les semelles orthopédiques personnalisées méritent sérieusement d'être envisagées si vous avez une anatomie de pied qui n'est pas standard. Une bonne semelle corrige la mécanique et réduit les forces anormales sur le tendon. C'est un investissement de 150 à 400 euros pour plusieurs années de bonne santé tendineuse, c'est peu cher pour la qualité de vie.
Vérifiez l'usure de vos chaussures : après 800 à 1000 km de port (généralement 4 à 6 mois pour un coureur régulier), les chaussures perdent leur amorti et leur support. Les renouveler avant qu'elles s'usent complètement est une prévention discrète mais efficace.
Sur le plan postural, une posture générale courbée avec épaules arrondies tense toute la chaîne postérieure, y compris les mollets et le tendon d'Achille. Travailler votre posture au quotidien (redresser le dos, renforcer le core) a un impact surprenant sur la santé de votre tendon.
Quand reprendre le sport après une tendinite du tendon d'Achille ?
Critères de guérison et retour progressif à l'activité
Voici la question que tout athlète se pose : quand puis-je reprendre vraiment ? Le retour ne se fait pas du jour au lendemain. Les critères de guérison sont :
Absence de douleur matinale en posant le pied par terre. C'est le signal que l'inflammation aiguë a largement diminué.
Capacité à marcher une quarantaine de minutes sans augmentation de la douleur. Et que la douleur ne s'aggravedans les 24 heures suivantes.
Capacité à faire 15 à 20 répétitions de renforcement excentrique du mollet sur une jambe sans douleur vive. C'est un bon signe que le tendon a gagné en force.
Absence de gonflement visible du tendon après une journée d'activité normale.
La phase de retour au sport en lui-même est progressive. Généralement, on parle de 8 à 12 semaines pour un retour complet selon la gravité initiale.
Semaines 1-2 après déblocage : marche seule, 30 à 45 minutes, quatre fois par semaine, à une intensité très facile (vous devez pouvoir parler sans haletez).
Semaines 3-4 : introduction d'intervals marche-jogging : 1 minute de jogging très lent suivie de 2 minutes de marche, répété 8 à 10 fois. Trois fois par semaine.
Semaines 5-8 : progression graduelle du jogging continu : commencez par 15 à 20 minutes et augmentez de 5 minutes par semaine si tout va bien. Pas plus de 3 à 4 fois par semaine.
Semaines 9-12 : retour vers votre volume d'avant la blessure, toujours en progression lente, intégration progressive du renforcement musculaire et des séances plus intenses.
Un détail critique : la douleur pendant le retour au sport ne doit jamais dépasser un 3 sur une échelle de 0 à 10. Une douleur plus intense signifie que vous progressez trop vite et que vous devez revenir à l'étape précédente.
Exercices de réathlétisation spécifiques
La réathlétisation, c'est la transition intelligente entre la rééducation et le retour à la performance complète. Pendant cette phase, vous continuer les exercices de renforcement excentrique du mollet trois fois par semaine, mais vous y ajoutez des exercices plus spécifiques à votre sport.
Pour les coureurs : des séances de fartlek (variations de vitesse en courant, sans chronomètre strict), des parcours avec des changements de direction progressifs, des escaliers, de très petites côtes. Cela prépare le tendon à gérer les forces variables de la vraie course.
Pour les sportifs d'équipe : des jeux d'agilité, des changements de direction, des sauts de plus en plus hauts et rapides, au fur et à mesure que la confiance et la force s'améliore.
Pour tous : la prévention des récidives par une routine d'entretien permanente. Une fois que vous êtes revenu à 100%, les exercices que vous avez appris ne doivent pas disparaître. Une séance hebdomadaire de renforcement du mollet et des stabilisateurs du pied reste une bonne habitude même des années après la guérison.
En résumé
La tendinite du tendon d'Achille n'est pas une surprise tombée du ciel. Elle naît d'une accumulation : progression trop rapide, déséquilibres musculaires, chaussures usées, structure de pied non corrigée. Et surtout, elle ne se soigne pas avec une seule action. C'est une combinaison : repos initial, glaçage et anti-inflammatoires les premiers jours, puis progressivement des exercices de renforcement excentrique, une correction posturale, un changement de chaussures, et enfin une reprise graduée de l'activité physique.
L'erreur la plus courante ? Vouloir aller trop vite. Attendre trois semaines, sentir un léger mieux, et retourner à l'intensité d'avant. C'est un ticket direct vers une rechute qui redevient chronique. En 2026, les données scientifiques sont claires : une progression lente sur 8 à 12 semaines guérit définitivement. Une approche rapide crée une blessure récurrente qui peut durer des années.
Si vous ressentez une douleur au tendon d'Achille, consultez rapidement un professionnel de santé (médecin, kinésithérapeute, podologue) pour diagnostiquer précisément et mettre en place un plan adapté. Plus tôt vous agissez, plus vite vous reviendrrez à 100% et plus vous protégez votre tendon pour les années à venir.
