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Tendinite du bassin : guide complet pour soulager la douleur

Découvrez les causes, symptômes et traitements efficaces de la tendinite du bassin. Conseils pour prévenir et soulager la douleur en 2026.

22 mai 202626 min de lecture
Tendinite du bassin : causes et traitement

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Quel muscle fessier joue le rôle le plus subtil et souvent oublié dans la stabilisation du bassin ?

Une douleur lancinante à la hanche, particulièrement quand vous montez les escaliers ou que vous vous levez de votre chaise : vous reconnaissez la situation ? Vous n'êtes pas seul. La tendinite du bassin, notamment celle du moyen fessier, devient de plus en plus fréquente en 2026, touchant un nombre croissant de personnes qui pensent à tort qu'il s'agit d'une simple fatigue musculaire. Or, cette affection mérite une vraie compréhension pour être prise en charge correctement et éviter qu'elle ne s'installe durablement dans votre quotidien.

Ce qui rend cette condition parfois frustante, c'est qu'elle progresse souvent en silence. Vous pouvez marcher normalement un jour et ressentir une gêne importante le jour suivant, simplement parce que vos tendons fessiers ont été surmenés par des gestes répétitifs ou mal exécutés. Heureusement, en comprenant comment votre bassin fonctionne, quels mouvements le fragilisent et comment renforcer progressivement les structures qui le soutiennent, vous pouvez reprendre le contrôle et retrouver une mobilité sans douleur.

Aspect Infos clés
Définition Inflammation des tendons du bassin, notamment du moyen fessier et du petit fessier
Population touchée Surtout les femmes de 40 à 60 ans, mais aussi les sportifs et les travailleurs sédentaires
Symptôme principal Douleur latérale de la hanche qui s'aggrave en montant les escaliers ou en position allongée sur le côté
Durée de guérison 6 à 12 semaines en moyenne avec une prise en charge adaptée
Traitement privilégié Kinésithérapie, renforcement musculaire progressif et modifications d'activités

À retenir

La tendinite du bassin n'est pas une fatalité. Elle résulte d'un déséquilibre entre la charge imposée aux tendons et leur capacité à la supporter. En corrigeant votre posture, en renforçant vos muscles fessiers et en respectant un progression graduelle dans vos activités, vous retrouverez votre mobilité. Le repos seul ne suffira pas : c'est le mouvement, bien dirigé, qui vous guérira.

Qu'est-ce qu'une tendinite du bassin et comment la reconnaître ?

Anatomie du bassin et rôle des tendons fessiers

Votre bassin est constitué de trois os : le sacrum au centre et deux os coxaux latéralement. Ce n'est pas simplement une structure passive. C'est une plateforme dynamique qui relie votre tronc à vos jambes, transmettant les forces à chaque pas, chaque mouvement. Pour que cette transmission soit fluide et sans dégât, des muscles puissants et bien synchronisés doivent intervenir.

Les muscles fessiers sont vos grands stabilisateurs. Le grand fessier est le plus volumineux : il vous permet de vous lever de votre chaise, de monter les escaliers et de propulser votre jambe vers l'arrière. Mais ce sont le moyen et le petit fessier qui jouent le rôle le plus subtil et souvent oublié. Ils s'attachent tous deux sur une zone osseuse appelée le grand trochanter, qui fait saillie à l'extérieur de la hanche. Leur mission : vous permettre de tenir debout sur un pied, de maintenir votre bassin d'aplomb quand vous marchez, de faire bouger votre jambe sur les côtés (abduction). Un tendon, rappelons-le, est une structure fibreuse et dense qui relie le muscle à l'os. Il doit transmettre les forces générées par la contraction musculaire sans se déchirer.

Le problème apparaît quand vous demandez à ces tendons de faire trop de travail, trop longtemps ou mal : c'est l'inflammation qui s'installe, puis la douleur, puis progressivement l'affaiblissement du muscle lui-même si on n'agit pas.

Les différentes formes de tendinite du bassin

En 2026, les cliniciens reconnaissent plusieurs variantes de la tendinite du bassin, chacune impliquant une zone légèrement différente :

La tendinite du moyen fessier demeure la plus fréquente. Elle affecte le tendon qui s'attache au grand trochanter. Elle provoque une douleur latérale intense, surtout quand vous vous allongez sur le côté malade ou quand vous croisez les jambes.

La tendinite du petit fessier se manifeste de manière très semblable mais elle peut coexister avec celle du moyen fessier. Elle est souvent passée inaperçue jusqu'à ce qu'un professionnel la détecte à l'examen clinique.

La tendinite des adducteurs survient à l'intérieur du bassin et de la cuisse. Elle touche surtout les sportifs qui font des mouvements d'écartement rapides de jambes (football, hockey, tennis). La douleur siège à l'intérieur de la cuisse, vers l'aine.

La pubalgie ou ostéo-enthésopathie pubienne est une condition qui fragilise l'insertion des muscles au niveau du pubis. Elle s'observe régulièrement chez les coureurs de fond et les footballeurs. La douleur occupent l'avant du bassin, au-dessus du pubis.

Ce qui unit ces différentes formes : un processus inflammatoire réactionnel face à une surcharge répétée. Comprendre laquelle vous affecte aide votre kinésithérapeute ou médecin à adapter le traitement.

Quels sont les symptômes d'une tendinite du bassin ?

Douleurs caractéristiques et zones d'irradiation

La tendinite du bassin s'annonce rarement de façon spectaculaire. Vous n'avez pas entendu de craquement, pas de choc violent. C'est plutôt une progression lente, une gêne qui s'intensifie progressivement, puis devient une douleur vraie qui interfère avec vos gestes quotidiens.

La douleur latérale de la hanche est le signal premier. Elle siège à l'extérieur de la cuisse, juste au-dessous de la taille ou à la hauteur de la hanche. Vous la ressentez particulièrement quand vous êtes allongé sur le côté douloureux, ce qui peut perturber votre sommeil : vous vous retournez plusieurs fois dans la nuit pour trouver une position confortable. Montez-vous les escaliers ? La douleur s'accentue, surtout en levant la jambe du côté douloureux. Vous marchez longtemps ? Elle devient piquante.

Certaines personnes décrivent une irradiation le long de la face latérale de la cuisse, parfois jusqu'au genou. D'autres sentent une douleur sourde, persistante, qui ne disparaît jamais vraiment. Quand vous croisez les jambes (ce qui raccourcit le tendon du moyen fessier), la douleur fuse. Quand vous montez d'une voiture (geste d'abduction de la jambe), vous grimacez.

Un point crucial : en position debout prolongée ou lors d'une marche de longue distance, la douleur tend à augmenter graduellement plutôt que de surgir brutalement. C'est ce qui la différencie d'une bursite ou d'une arthrose, où la douleur peut être plus soudaine ou davantage liée à des positions statiques.

Signes d'alerte et moments où consulter

Certains signaux vous doivent vous pousser à consulter rapidement :

Si la douleur est apparue après un traumatisme direct (chute, coup), même mineur, consultez un médecin ou un kinésithérapeute. Une rupture tendineuse partielle pourrait être présente et elle ne s'améliorera pas toute seule.

Si la douleur a progressé malgré deux à trois semaines de repos relatif, c'est le moment de faire appel à un professionnel. Attendre passsivement favorise l'adaptation négative : vos muscles se fatiguent davantage en essayant de compenser, et l'inflammation s'installe chroniquement.

Si vous remarquez une asymétrie de votre démarche (vous claudiquez, vous penchez d'un côté), que vous avez du mal à vous tenir debout sur une jambe ou que votre équilibre s'est détérioré, consultez rapidement. Ces signes indiquent une faiblesse musculaire significative qui mérite une prise en charge structurée.

Si la douleur s'accompagne d'une rougeur, d'une chaleur locale, d'une fièvre ou d'une tuméfaction (gonflement), écartez d'emblée une infection. Rendez-vous aux urgences ou chez votre médecin généraliste pour confirmer le diagnostic.

Si votre douleur nocturne vous réveille plusieurs fois par nuit et impacte votre sommeil depuis plus d'une semaine, une consultation s'impose. Un sommeil fragmenté entrave la récupération et aggrave l'inflammation systémique.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque d'une tendinite du bassin ?

Surcharge mécanique, mouvements répétitifs et déséquilibres biomécaniques

En 2026, nous comprenons bien que la tendinite du bassin découle rarement d'une cause unique. C'est généralement la convergence de plusieurs facteurs qui crée le terrain favorable à l'inflammation.

La surcharge mécanique demeure la première cause. Vous augmentez votre volume d'entraînement trop rapidement : vous passiez de 3 à 5 séances de course par semaine sans transition progressive. Vous commencez une nouvelle activité : travail qui exige de rester debout toute la journée, nouveau programme de musculation. Les tendons n'ont pas eu le temps de s'adapter, de renforcer leur structure. L'inflammation réactionnelle apparaît.

Les mouvements répétitifs jouent un rôle majeur. Un haltérophile qui fait des soulevés de terre lourd sans maîtriser l'équilibre du bassin. Une coureuse qui frappe le sol avec un appui mal aligné, répétant mille fois par kilomètre une mécanique défectueuse. Un danseur qui exécute un mouvement de rotation de hanche mal coordonné. À chaque répétition, le tendon reçoit une microlésion. Tant que la récupération est rapide, ce n'est pas grave. Mais si les répétitions s'accélèrent ou si la récupération s'amenuise, l'inflammation s'accumule.

Les déséquilibres biomécaniques sont peut-être les plus insidieux. Votre bassin s'incline légèrement parce que vos muscles abdominaux sont faibles et vos muscles lombaires tendus. Ce bassin penché change l'angle de travail du moyen fessier : au lieu de fonctionner de façon optimale, il compense sans cesse. Avec chaque pas, il travaille davantage. Un genoux valgum (tourné vers l'intérieur) ou varum (tourné vers l'extérieur), une asymétrie de longueur de jambes non compensée, une instabilité de cheville : tous ces facteurs perturbent la transmission des forces et surchargent les tendons du bassin.

Vos chaussures jouent aussi un rôle. Une chaussure usée, qui ne soutient plus l'arche plantaire ou qui s'affaisse latéralement, entraîne une modification de la répartition des forces jusqu'au bassin. Les adducteurs et les fessiers doivent compenser davantage.

Facteurs biologiques, âge et morphologie

Au-delà de la mécanique, votre terrain biologique influence votre propension à développer une tendinite du bassin.

L'âge intervient de façon non linéaire. Vous avez 25 ans ? Les tendinites du bassin sont rares à cet âge, sauf si votre volume d'entraînement explose ou si vous avez un déséquilibre biomécanique marqué. Entre 40 et 60 ans, particulièrement chez les femmes, la fréquence augmente notablement. Cela coïncide avec une diminution progressive de la masse musculaire, une moins bonne hydratation des tendons, une certaine raideur ligamentaire qui s'installe. Après 60 ans, si vous restez actif et bien renforcé, le risque ne progresse pas nécessairement. Mais si vous devenez sédentaire, les muscles fessiers s'atrophient et les tendons supportent mal les quelques efforts inhabituels.

Le poids et la morphologie façonnent aussi le tableau. Un surpoids augmente la charge mécanique portée par vos articulations et tendons. Une silhouette très élancée avec peu de masse musculaire globale peut aussi favoriser l'apparition de tendinites si cette finesse s'accompagne d'une faiblesse relative. L'important est l'équilibre : un rapport correct entre votre poids et votre capacité musculaire à le supporter.

Les facteurs hormonaux jouent un rôle reconnu. La ménopause ou un défaut d'estradiol peut réduire la vascularisation des tendons et diminuer leur résilience. Un désordre thyroïdien, un déséquilibre des glucocorticoïdes liés à un stress chronique, une insuffisance en vitamine D : tous ces éléments fragilisent la structure tendineuse et ralentissent la cicatrisation. Une femme qui prend une hormonothérapie substitutive pour la ménopause voit généralement sa symptomatologie tendinaire s'améliorer.

L'inflammation systémique chronique crée un terrain propice. Si vous dormez mal depuis deux ans, si votre digestion est lente et entachée de ballonnements, si vous avez une sensibilité accrue aux infections hivernales : votre système immunitaire tourne en excédent. Chaque micro-lésion tendineuse devient alors une inflammation prononcée au lieu de se résoudre simplement.

Certaines pathologies rhumatismales (polyarthrite rhumatoïde, lupus, spondylarthrite) prédisposent à des tendinites multiples. Votre médecin généraliste peut aider à confirmer ou à écarter ce type de context.

Comment diagnostiquer une tendinite du bassin ?

Examen clinique et tests fonctionnels

En 2026, le diagnostic d'une tendinite du bassin ne repose pas d'abord sur l'imagerie médicale. C'est l'examen clinique qui prime. Un bon kinésithérapeute ou médecin du sport pose d'abord des questions précises : quand la douleur a-t-elle débuté ? Quel mouvement la déclenche ? Est-elle présente la nuit ? Comment votre sommeil s'en trouve-t-il affecté ? Avez-vous récemment augmenté votre activité physique ou changé de travail ?

Ensuite viennent les tests fonctionnels qui n'exigent qu'une salle d'examen et un peu de temps. Le professionnel demande de croiser les jambes quand vous êtes assis : si cela provoque une douleur à la hanche, le test est positif. Il vous palpite le grand trochanter : une douleur à la pression locale suggère une tendinite du moyen fessier. Il demande de monter sur une jambe (test de Trendelenburg) : si votre bassin s'affaisse du côté non appuyé, cela indique une faiblesse du fessier. Il demande d'abduire la jambe contre résistance : la douleur ou la faiblesse confirme le diagnostic.

Un test simple et révélateur : allongez-vous sur le côté sain, puis demandez-vous de soulever la jambe supérieure (celle du côté douloureux) à l'horizontal. Si cette abduction contre gravité provoque une douleur nette ou si vous ne pouvez pas maintenir la position, la tendinite du moyen fessier est probable. Ce test ne demande aucun équipement et reflète directement la capacité du muscle à travailler.

L'amplitude de mouvement est aussi évaluée : si tourner la jambe intérieurement (rotation interne) provoque une douleur, c'est un signe de tendinopathie des fessiers. L'absence de raideur articulaire confirmant que le problème siège dans les tissus mous et non dans l'articulation elle-même.

Imagerie médicale : échographie et IRM

L'imagerie entre en jeu quand le diagnostic clinique reste flou ou quand les symptômes persistent malgré un traitement initial bien conduit. Elle sert aussi à écarter d'autres diagnostics : arthrose de la hanche, rupture tendineuse complète, bursite isolée.

L'échographie est l'outil de premier recours en 2026. Elle est accessible, rapide, sans rayonnement ionisant et permet l'examen dynamique. Un échographiste entrâiné voit l'épaississement du tendon, les microcalcifications qui s'y accumulent, la perte de structure fibreuse normale. L'échographie montre aussi si une bourse séreuse (bursa) est enflammée aux côtés du tendon (tendinobursopathie). L'avantage : vous pouvez reproduire le mouvement qui déclenche la douleur pendant l'examen, et l'échographiste voit exactement ce qui se produit.

L'IRM (imagerie par résonance magnétique) offre plus de détails sur les lésions tendineuses, surtout si une rupture partielle est soupçonnée. Elle montre avec précision le degré de dégénérescence du tendon, la présence d'inflammation liquide, l'état des structures adjacentes (bursa, muscle, os adjacent). Elle est plus coûteuse et moins rapide d'accès, ainsi elle est réservée aux cas où le traitement initial n'améliore pas les choses ou si une prise en charge chirurgicale est envisagée.

L'imagerie standard (radiographies)** peut être utile pour écarter une fracture du grand trochanter ou rechercher des signes d'arthrose précoce de la hanche, mais elle ne montre pas directement l'inflammation tendineuse. Elle reste néanmoins un premier pas au cabinet du médecin généraliste.

En pratique, le diagnostic dépend rarement de l'imagerie seule. Un clinicien expérimenté base son diagnostic sur le contexte clinique et les tests physiques, puis utilise l'imagerie pour confirmer et évaluer l'étendue de la lésion.

Combien de temps guérit une tendinite du bassin et quelles sont les phases de récupération ?

La durée de guérison d'une tendinite du bassin varie selon sa sévérité, votre âge, votre capacité à adapter votre activité et la qualité de votre prise en charge. En 2026, l'observation clinique montre une fourchette réaliste : quatre à douze semaines pour une tendinite légère à modérée bien traitée ; plusieurs mois pour une forme chronique installée depuis longtemps.

Ne vous fiez pas à ceux qui promettent une guérison en trois semaines. C'est rarement vrai. Les tendons se régénèrent lentement. Leur structure fibreuse dense a besoin de temps pour se réorganiser, se renforcer et retrouver sa fonction optimale. Une précipitation dans la reprise des activités est la première cause de rechute.

Phase 1 : réduction de l'inflammation (semaines 1 à 3)

Au début, votre objectif est de calmer l'inflammation aigüe sans immobiliser complètement la zone. Une immobilisation totale fragilise le tendon et les muscles adjacents. Privilégiez le repos relatif : diminuez les activités qui déclenchent la douleur, mais continuez les mouvements indolores. Si monter les escaliers fait mal, restez en terrain plat quelques jours. Si dormir sur le côté douloureux provoque des réveils, changez votre position de sommeil. Un glaçage de 15 minutes, trois fois par jour après l'exercice, réduit l'enflure.

Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l'ibuprofène peuvent aider temporairement, mais ils ne règlent pas le problème mécanique sous-jacent. Ils masquent simplement l'inconfort et permettent de continuer un peu de mouvement.

Phase 2 : réadaptation et renforcement progressif (semaines 3 à 8)

C'est le moment d'engager la kinésithérapie vraiment active. Le thérapeute commence par des exercices de stabilisation douce du bassin et des fessiers. Imaginez que vous êtes allongé sur le dos, genoux fléchis, pieds au sol. Vous contractez légèrement vos fesses pendant quelques secondes, relâchez. Répétez. Simple ? Oui. Efficace ? Absolument. Ces exercices d'activation préparent le muscle à reprendre du travail.

Puis viennent des exercices d'abduction (soulever la jambe latéralement) en position allongée, où la gravité est minimale. Progressivement, vous les faites en position assise, puis debout. À chaque étape, la résistance augmente légèrement : d'abord le poids du corps, ensuite une bande élastique légère, enfin un poids plus substantiel.

Durant cette phase, vous pourrez reprendre une marche douce et régulière, à condition qu'elle ne provoque pas une augmentation de la douleur dans les heures qui suivent. Une marche de 20 à 30 minutes, quatre à cinq fois par semaine, aide le tendon à se réadapter progressivement aux charges.

Phase 3 : réintégration fonctionnelle et retour au sport (semaines 8 à 12, voire plus)

Si votre professionnel vous donne le feu vert, vous augmentez graduellement l'intensité et la durée de vos activités. Un coureur qui doit revenir à la pratique commence par une marche accélérée, puis une marche-jogging alterné (par exemple : 2 minutes de jogging, 1 minute de marche, répétition). La distance du trajet augmente avant la vitesse. La fréquence des entraînements s'intensifie progressivement : trois fois par semaine la deuxième semaine, quatre fois la troisième.

Un nageur reprend d'abord la nage sans battement de jambes, puis avec un battement doux, puis avec une intensité normale. Un footballeur refait de la technique balle au pied sans contact avant de reprendre un match.

Durant cette phase, des exercices de proprioception (équilibre sur une jambe, surfaces instables) et de coordination prennent de l'importance. Ils restaurent la stabilité du bassin et réduisent le risque de rechute.

Facteurs qui allongent la guérison

Certains contextes ralentissent la cicatrisation. Si vous avez plus de 50 ans, attendez-vous à une récupération plus lente. Si vous êtes diabétique, une glycémie mal contrôlée retarde la guérison. Si vous fumez, les tendons reçoivent moins d'oxygène et la réparation s'en trouve compromise. Si vous dormez mal régulièrement, vos hormones de croissance et les médiateurs inflammatoires ne s'équilibrent pas correctement. Si votre alimentation manque de protéines, de vitamine C et de zinc, les matériaux bruts de la réparation tendineuse font défaut.

À l'inverse, une bonne hygiène de vie, un apport nutritionnel adéquat, un sommeil réparateur et une gestion du stress accélèrent visiblement la guérison.

Comment soigner une tendinite du bassin : traitements et exercices ?

Kinésithérapie et exercices de renforcement progressif

La kinésithérapie demeure le pilier du traitement. Ce n'est pas une succession de massages passifs, mais un véritable travail musculaire structuré. En 2026, les thérapeutes connaissent bien la tendinite du bassin et savent que la solution réside dans le renforcement actif et la correction des dysfonctionnements biomécaniques.

Les exercices fondamentaux

La contraction des fesses en position allongée : couchez-vous sur le dos, genoux fléchis, pieds au sol. Contractez vos fesses fermement pendant 5 secondes, relâchez. Répétez 15 à 20 fois, deux fois par jour. C'est simple mais prépare le muscle à reprendre du service. Progressivement, vous tenez la contraction plus longtemps (jusqu'à 10 secondes) et augmentez les répétitions.

L'abduction de hanche allongée : toujours couché sur le dos, vous surélevez légèrement une jambe (quelques centimètres) et l'écartez latéralement du corps, puis la ramenez. Aucun poids, aucune résistance au départ. Une fois par jour, 10 répétitions de chaque côté. Quand c'est devenu facile, vous levez la jambe plus haut et plus lentement, en contrôlant le mouvement

L'exercice du clam (ou battement-clam) : allongé sur le côté, genou fléchi à 45 degrés, vous écartez le genou supérieur du corps tout en gardant les pieds joints. C'est comme ouvrir une coquille. Cet exercice cible le moyen fessier directement. Dix à quinze répétitions, une à deux fois par jour. C'est ici que vous sentez vraiment les fessiers travailler.

Le pont glutéal (glute bridge) : allongé sur le dos, genoux fléchis, pieds au sol. Vous poussez sur les pieds et soulevez vos fesses du sol jusqu'à ce que votre corps forme une ligne droite des genoux à la tête. Maintenez deux secondes, relâchez. Cet exercice renforce le grand fessier et le moyen fessier ensemble. Dix répétitions, deux à trois fois par jour. Quand cela devient aisé, vous surélevez une jambe lors du pont (pont sur une jambe) : c'est infiniment plus difficile et très efficace.

La marche latérale avec bande élastique : placez une bande élastique autour de vos jambes, juste au-dessus des genoux. Écartez les jambes tout en marchant latéralement, pas à pas, comme si vous avanciez de côté. Cela crée une tension constante sur les fessiers. Trois séries de 15 à 20 pas, une fois par jour. C'est un excellent exercice fonctionnel qui prépare les fessiers aux vrais gestes quotidiens.

La progression des exercices

Chaque exercice commence sans charge. Quand il devient facile (vous ne sentez plus l'effort), vous augmentez la difficulté. Pour le clam, vous ajoutez une bande élastique. Pour le pont, vous le faites sur une jambe. Pour l'abduction, vous tenez une petite charge (même un litre d'eau). Pour la marche latérale, vous augmentez la tension de la bande.

Cette progression doit être prudente. Un saut trop grand d'intensité ravive la douleur et vous décourage. L'idéal : augmenter la charge ou la difficulté de 5 à 10% d'une semaine à l'autre.

L'assouplissement et la mobilité

Parallèlement au renforcement, vous travaillez l'assouplissement des muscles tendus. Les fléchisseurs de hanche (psoas, rectus femoris) sont souvent trop courts chez les travailleurs sédentaires. Tirer une jambe vers le ventre en position allongée, ou faire la position du yoga appelée "fente basse" aide à les allonger. Faire une rotations interne de la hanche (jambe pliée, genou vers la poitrine, puis rotation interne) améliore la mobilité articulaire.

La mobilité du bassin dans tous les plans (rotation, inclinaison avant-arrière) aide aussi à mieux répartir les charges lors des mouvements quotidiens.

Traitements médicaux : AINS, infiltrations et thérapies innovantes

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

L'ibuprofène, le naproxène et autres AINS réduisent l'inflammation et la douleur. Ils sont surtout utiles dans les deux à trois premières semaines pour vous permettre de commencer la kinésithérapie sans trop souffrir. Utilisés trop longtemps (plus de quatre à six semaines), ils peuvent ralentir la cicatrisation tendineuse naturelle. De plus, ils comportent des risques gastro-intestinaux et rénaux à long terme, particulièrement chez les personnes âgées. On les utilise donc avec parcimonie, en accord avec votre médecin, à la dose minimale efficace et pour la durée la plus courte possible.

Les infiltrations de corticoïdes

Une infiltration consiste à injecter un produit (généralement de la cortisone avec un anesthésique local) directement autour du tendon, sous guidage échographique en 2026. Ce traitement diminue rapidement l'inflammation et la douleur. L'avantage : action localisée, moins d'effets secondaires systémiques qu'une cortisone prise par voie orale. L'inconvénient : effet temporaire (généralement 2 à 3 mois) et risque théorique d'affaiblissement du tendon si les infiltrations se répètent sans arrêt.

La recommandation : une infiltration isolée pour "débloquer" le traitement, associée à une kinésithérapie intensive, peut être judicieuse. Répéter les infiltrations tous les mois ou tous les deux mois sans progresser en renforcement musculaire retarde la vrai guérison. Un médecin responsable limite à deux ou trois infiltrations par an au maximum pour une même tendinite.

Le plasma riche en plaquettes (PRP)

C'est une technique plus récente qui suscite l'intérêt en 2026. Vous donnez une prise de sang, celle-ci est centrifugée pour concentrer les plaquettes (qui contiennent des facteurs de croissance naturels), puis ce concentrat est réinjecté autour du tendon endommagé sous guidage échographique. L'idée : stimuler la cicatrisation naturelle en apportant des molécules de réparation. Les résultats sont prometteurs mais pas encore consensuels. Certaines études montrent une amélioration durable, d'autres un bénéfice marginal. Cette technique n'est pas remboursée par la sécurité sociale dans la plupart des pays et coûte entre 400 et 800 euros la séance.

Les ondes de choc extracorporelles (ESWT)

Cette technique envoie des ondes mécaniques haute énergie sur le tendon pour stimuler sa réparation. Elles peuvent être douloureuses durant la séance. Les données cliniques montrent un bénéfice chez les tendinites chroniques qui n'ont pas réagi aux autres traitements. Après trois à quatre séances (généralement espacées d'une semaine), le tendon commence à se réparer. Cette approche gagne progressivement en acceptation et certains assureurs l'acceptent maintenant partiellement.

Les autres modalités

La thérapie par micro-ondes, l'électrothérapie (TENS) et la cryothérapie locale ne modifient pas la structure du tendon mais peuvent soulager la douleur et réduire l'inflammation accessoirement. Elles viennent en complément, jamais en remplacement d'un renforcement actif.

La chirurgie : un dernier recours

Si tous les traitements conservateurs ont échoué après six mois et que la tendinite persiste ou s'aggrave, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Elle vise à débrider le tendon (retirer les parties dégénérées), à libérer le tendon s'il est comprimé par des structures environnantes ou à réparer une rupture tendineuse. La chirurgie Mini-invasive (arthroscopie) est préférée à la chirurgie ouverte. Mais elle n'est pas banale : elle exige deux à trois mois de rééducation post-opératoire intensée. Un chirurgien du sport spécialisé évalue cette opportunité en dernier recours.

Tendinite du bassin et activité physique : reprendre le sport sans risque

Vous êtes coureur, footballeur, yogiste, nageur ? Reprendre votre activité préférée sans rechute est possible, à condition de respecter une progression intelligente. En 2026, le principe est clair : la douleur n'est pas votre ennemi, c'est votre guide. Une douleur qui s'intensifie pendant l'exercice ou dans les heures qui suivent signale une surcharge. Une absence de douleur durant le mouvement mais une gêne faible le lendemain est acceptable.

Le test "pain rule" (règle de la douleur) : durant votre exercice, la douleur ne doit pas dépasser 3/10 sur une échelle de 10. Si elle frise le 5/10 ou plus, vous en faites trop. Le jour suivant, la douleur doit être égale ou inférieure à celle du jour précédent. Si elle augmente, vous avez exagéré.

Pour les coureurs

Commencez par une marche énergique (6 à 7 km/h) trois fois par semaine, 30 à 40 minutes. Après une semaine sans aggravation, introduisez des intervalles : deux minutes de jogging lent (8 km/h), une minute de marche, répétition pendant 20 minutes. La semaine suivante, augmentez les phases de jogging : trois minutes de jogging, une minute de marche. Progressez graduellement en réduisant les phases de marche et en augmentant la vitesse. Une augmentation de 5 à 10% de la distance parcourue ou du temps de course d'une semaine à l'autre est prudente.

Évitez les surfaces dures (béton, asphalte) au début. Privilégiez l'herbe, la piste ou un tapis de course. Diversifiez vos entraînements : alternez course, natation (sans battement de jambes intensif au départ) et cyclisme pour varier les groupes musculaires sollicités.

Pour les footballeurs et sportifs de contact

Une reprise progressive est indispensable. Premièrement : technique balle au pied sans contact, pas d'accélération brutale, pas de changement de direction rapide. Deuxièmement : ajoutez des changements de direction à faible vitesse. Troisièmement : ajoutez des accélérations linéaires. Quatrièmement : combinez les deux dans des exercices spécifiques (slalom, poursuite lente). Fifthement : matches d'entraînement progressifs (d'abord sur une durée réduite, puis augmentez graduellement). Seulement après trois semaines de ces entraînements progressifs envisagez un match en compétition.

Pour les nageurs

La natation est parmi les meilleurs exercices pour une tendinite du bassin en phase de récupération car la gravité est annulée. Cependant, certains styles de nage intensifient les problèmes. La brasse, qui exige une abduction robuste, peut aggravée les symptômes. Commencez par le dos ou le crawl en insistant sur une technique souple et non forcée. Augmentez progressivement le nombre de longueurs et l'intensité, jamais les deux simultanément.

Conseils généraux pour tous les sportifs

Maintenez votre programme de renforcement musculaire même quand vous avez repris votre activité. Les exercices de fessiers restent importants à jamais pour prévenir une rechute. Un échauffement de 10 minutes (marche, vélo stationnaire, mouvements articulaires) avant chaque exercice prépare les tissus. Un étirement doux après effort aide la récupération. Un jour de repos au minimum chaque semaine permet la réparation des micro-lésions.

Surveillez votre technique. Un changement discret de démarche qui soulage temporairement la douleur peut créer des problèmes ailleurs. Faire filmer votre technique par un coach ou un kinésithérapeute aide à identifier et corriger les défauts non évidents à l'œil nu.

Attention aussi aux augmentations soudaines : passer de deux à cinq séances par semaine sans transition, doublé votre distance de course en une semaine, ou adopter un programme de musculation beaucoup plus intense : toutes ces modifications de charge accélérée ravissent la tendinite.

Conclusion

La tendinite du bassin est une condition fréquente en 2026 qui n'est pas une fatalité. Elle résulte d'une surcharge des tendons, souvent amplifiée par des déséquilibres biomécaniques et un contexte de vie stressant ou mal optimisé. Reconnaître ses symptômes (douleur latérale de la hanche, inconfort nocturne, gêne à la montée des escaliers) invite à agir rapidement plutôt que d'attendre que la douleur s'installe chroniquement.

Le diagnostic repose d'abord sur l'examen clinique. Un kinésithérapeute ou médecin expérimenté identifie la tendinite par des tests simples et efficaces. L'imagerie vient en complément pour évaluer l'étendue des dégâts.

La guérison passe par une kinésithérapie active structurée, des exercices de renforcement progressif (notamment des fessiers), une correction des postures et gestes de la vie quotidienne, et surtout une reprise graduée de l'activité physique sans précipitation. Les traitements médicaux (AINS, infiltrations, PRP) jouent un rôle en débloquant l'inflammation pour permettre au travail musculaire de progresser, mais ils ne remplacent jamais le renforcement actif.

Avec de la patience, de la discipline dans les exercices et une progression intelligente, vous retrouverez votre mobilité en quatre à douze semaines. L'important : commencer maintenant, plutôt que demain.

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